"Un dialogue différent a été ouvert, plus horizontal entre les pays des Amériques", a confirmé la présidente argentine Cristina Kichner. "Tous les présidents se sont dits prêts à tenir compte du passé pour ne pas commettre les mêmes erreurs", a ajouté son homologue chilienne Michelle Bachelet.
Egalement présent, le président vénézuélien Hugo Chavez, qui a eu une poignée de main très médiatisée avec M. Obama vendredi, s'est permis d'offrir un cadeau au président américain. L'hôte de la Maison Blanche a reçu un ouvrage intitulé Les veines ouvertes de l'Amérique latine, de l'auteur uruguayen Eduardo Galeano, qui traite du pillage des ressources du continent. "J'ai cru que Chavez me donnait un de ses ouvrages, a ensuite plaisanté M. Obama. J'étais sur le point de lui donner l'un des miens". "Nous avons commencé à discuter avec Obama et je crois que nous sommes sur la bonne voie", a commenté pour sa part le dirigeant vénézuélien.
"CLIMAT DE DIALOGUE"
Malgré cette bonne humeur de façade, la question cubaine planait toujours au-dessus du sommet. Les participants attendent toujours la concrétisation de la promesse faite par Barack Obama de "faire avancer les relations américano-cubaines dans une nouvelle direction". Avant le début du sommet, il avait notamment annoncé l'assouplissement de certaines dispositions de l'embargo américain sur Cuba, sans pour autant y mettre fin.
"Nous n'avons pas encore vu de grands changements vis-à-vis de Cuba", a par exemple constaté Rafael Correa. A l'initiative de M. Chavez, les pays membres de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) ont annoncé qu'ils jugeaient "inacceptable" la déclaration finale du sommet faisant l'impasse sur l'embargo contre l'île communiste.
Mais même cette menace ne semble plus inquiéter outre mesure. Le chef de la diplomatie brésilienne, Celso Amorim, estime ainsi qu'avec "le climat de dialogue" qui existe "il y a l'espoir de trouver une solution". M. Amorim note que des "avancées concernant Cuba" doivent avoir lieu et un "dialogue direct" instauré. "Il n'y a pas de compétition entre nous pour dire quel doit être ce dialogue, mais je crois qu'il existe l'ouverture nécessaire pour qu'il soit mené à bien. Je perçois que les choses vont dans cette direction", a-t-il encore déclaré, prédisant un "résultat très positif" à l'issue du sommet.
Ce sommet, qui est prévu jusqu'à samedi, doit également aborder les questions économiques, la coordination pour développer des ressources énergétiques, la lutte contre le réchauffement climatique et les trafics d'armes et de drogue. Washington a notamment proposé un "partenariat des Amériques pour l'énergie et le climat" devant favoriser les énergies renouvelables et contrer le changement climatique.